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Statistiques cambriolages France : ce que disent les chiffres officiels

Chiffres officiels du cambriolage en France selon le SSMSI : 218 200 cambriolages en 2024, 5,9 pour 1 000 logements, 7 % d'élucidation. Tendance, géographie, modes opératoires.

Protection Maison··11 MIN DE LECTURE

En bref. En 2024, la police et la gendarmerie ont enregistré 218 200 cambriolages de logements en France — soit 5,9 pour 1 000 logements à l'échelle nationale, environ 600 par jour. La tendance est stable depuis 2022, mais reste 8 % en deçà du niveau pré-COVID (2019). Le taux d'élucidation stagne à 7 %. Ces chiffres sont publiés chaque année par le SSMSI — c'est la seule donnée officielle, et la base de notre méthode pour bâtir un dispositif de protection adapté.


Quels sont les chiffres officiels du cambriolage en France ?

Le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure — SSMSI — publie chaque printemps sa synthèse « Insécurité et délinquance », neuvième édition pour l'année 2024. C'est la seule source statistique officielle reconnue, et elle a deux qualités rares : elle est ouverte (disponible en open data sur data.gouv.fr), et elle utilise une méthodologie stable depuis 2016, ce qui rend les comparaisons annuelles fiables.

Les chiffres clés pour 2024, publiés en mars 2026 :

IndicateurValeur 2024Tendance
Cambriolages de logements enregistrés218 200stable vs 2023
Taux pour 1 000 logements5,9stable
Cambriolages par jour (moyenne)~600stable
Niveau vs 2019 (pré-COVID)−8 %inférieur
Taux d'élucidation à 12 mois7 %stagne depuis 2017
Logements touchés au moins une fois sur 10 ansenviron 1 sur 7

Le chiffre des 218 200 cambriolages couvre les seuls logements — habitations principales et secondaires confondues. Il n'inclut ni les locaux professionnels, ni les caves, ni les garages isolés, qui font l'objet de catégories distinctes dans la nomenclature SSMSI. Cette précision compte : beaucoup de publications grand public mélangent les deux et arrivent à des chiffres plus alarmants.

Pour les sources et la méthode complète, voir notre page Sources.


Comment évolue le cambriolage depuis 5 ans ?

L'évolution des cambriolages de logement sur 5 ans dessine une courbe en deux temps : une chute marquée en 2020 sous l'effet du confinement, puis une remontée progressive qui n'a pas encore retrouvé le niveau pré-pandémique.

AnnéeCambriolages logementÉvolution
2019~237 000référence pré-COVID
2020~178 000−25 % (confinements, présence accrue au domicile)
2021~187 000+5 %
2022~209 000+12 %
2023~218 000+4 %
2024218 200stable

La lecture qui circule souvent — « les cambriolages explosent » — ne tient pas à l'épreuve des chiffres SSMSI. La réalité est plus nuancée : la France est revenue à environ 92 % du volume pré-COVID, sans repasser au-dessus. La hausse de 2021 à 2023 traduit un rattrapage post-pandémique, pas une tendance de fond à l'aggravation.

Ce qui change, en revanche, c'est la géographie et les modes opératoires — c'est là que se déplace le risque réel.


Où cambriole-t-on le plus en France ?

La répartition géographique des cambriolages n'est pas uniforme. Trois découpages font sens dans les données SSMSI : urbain / rural, par région, et par taille de logement.

Le clivage urbain-rural

À l'échelle nationale, 5,9 cambriolages pour 1 000 logements. Mais le taux varie fortement selon la densité urbaine :

  • Communes très densément peuplées (Paris, Lyon, Marseille intra-muros) : autour de 4-5 pour 1 000
  • Communes densément peuplées (banlieues + grandes villes moyennes) : autour de 6-7 pour 1 000
  • Communes peu denses (périurbain) : autour de 7-8 pour 1 000
  • Communes très peu denses (rural isolé) : autour de 5-6 pour 1 000

Le pic se situe en périurbain et grande couronne — là où on trouve majoritairement des maisons individuelles avec jardin, accessibles depuis des axes routiers, dans des quartiers où la présence en journée est faible. Le cliché du « cambriolage en zone rurale isolée » ne se vérifie pas dans les statistiques : la ruralité protège en partie, par la visibilité communautaire et la difficulté d'accès rapide.

Les régions les plus touchées

Les départements à fort taux pour 1 000 logements en 2024 sont concentrés sur la moitié sud-est (Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Alpes-Maritimes) et l'Île-de-France (Seine-Saint-Denis, Val-d'Oise). À l'autre extrémité, la Bretagne, la Normandie et le Massif central restent durablement sous la moyenne nationale.

L'atlas départemental 2024 du SSMSI cartographie ces écarts en détail — c'est l'outil à consulter avant un déménagement ou pour calibrer le besoin réel selon ton département.


Comment les cambrioleurs entrent-ils ?

C'est probablement la donnée la plus importante pour qui veut adapter sa protection. Selon les remontées de la police et la gendarmerie, les modes d'entrée dans les logements suivent une hiérarchie claire :

Mode d'entréePart estiméeLevier de protection
Porte d'entrée forcée ou crochetéeenviron 40 %Serrure A2P + renfort
Fenêtre du rez-de-chausséeenviron 25 %Volets, détecteur d'ouverture
Porte-fenêtre ou baie vitréeenviron 15 %Détecteur de bris de verre, caméra
Porte-fenêtre d'étage (balcon, terrasse)environ 10 %Détecteur d'ouverture
Autre (cave, sous-sol, conduit)environ 10 %Sécurisation périphérique

Trois conséquences pratiques :

D'abord, 70 % des intrusions passent par le rez-de-chaussée (porte d'entrée + fenêtre RDC + porte-fenêtre). C'est cette zone qu'il faut prioritairement traiter — pas les chambres de l'étage, pas la cave, pas le grenier. Notre guide sur la méthode de sécurisation en 4 couches reprend ce constat pour structurer le dispositif.

Ensuite, la qualité de la serrure pèse pour 40 % de la prévention. Une serrure certifiée A2P** (niveau 2 étoiles) tient 10 minutes au crochetage et au perçage — au-delà, la majorité des cambrioleurs renoncent. Notre comparatif des serrures connectées sans abonnement intègre cette dimension.

Enfin, la fenêtre du rez-de-chaussée est sous-investie dans les dispositifs grand public. Un volet roulant fermé bloque 80 % des tentatives ; un détecteur d'ouverture sur les fenêtres principales alerte en quelques secondes.


Quand cambriole-t-on le plus ?

L'idée du cambriolage nocturne est un héritage culturel davantage qu'une réalité statistique. Les données SSMSI sur les créneaux horaires montrent l'inverse :

  • Cambriolages en journée (8h-20h) : environ 60 %
  • Cambriolages nocturnes (20h-8h) : environ 40 %

La journée concentre l'essentiel du risque parce que c'est le moment où les logements sont vides — adultes au travail, enfants à l'école. Le créneau le plus à risque se situe entre 14h et 17h, quand l'absence est maximale et la luminosité encore suffisante pour observer les habitudes du quartier.

À l'échelle de l'année, deux pics ressortent :

  • Été (juillet-août) : +15 à 20 % par rapport à la moyenne mensuelle — vacances scolaires, départs prolongés
  • Décembre : +10 % — combinaison fêtes de fin d'année et absences

L'opération « Tranquillité Vacances », gratuite, permet de signaler son absence à la gendarmerie ou au commissariat de quartier. Des patrouilles sont organisées dans les zones déclarées. Les détails sont sur la fiche Ma Sécurité du ministère de l'Intérieur.


Combien de cambriolages sont élucidés ?

C'est la donnée la plus difficile à entendre : seulement 7 % des cambriolages sont élucidés dans l'année qui suit le dépôt de plainte. Ce taux stagne depuis 2017, malgré l'augmentation des moyens d'investigation et la diffusion de la vidéoprotection urbaine.

Trois raisons expliquent ce taux faible :

D'abord, l'absence d'éléments d'identification. La majorité des cambrioleurs portent gants et capuche, n'utilisent pas de véhicule traçable, et opèrent en équipe pour réduire le temps sur place. Sans signalement direct ou vidéo nette, l'enquête démarre sans pistes.

Ensuite, la dispersion des biens volés. Bijoux et petites électroniques transitent en quelques heures via des canaux qui rendent la traçabilité quasi impossible. Le délai entre cambriolage et revente est souvent inférieur à 48 heures.

Enfin, la faible priorité judiciaire sur les cambriolages sans violence. Avec environ 600 dossiers par jour à l'échelle nationale, l'arbitrage des moyens d'enquête favorise les faits avec victime physique.

Ce taux de 7 % est l'une des principales justifications du basculement vers la prévention active plutôt que la simple réaction. C'est aussi pourquoi la documentation photo des objets de valeur (avec numéros de série) en amont change la donne pour l'éventuelle déclaration d'assurance.


Quels logements sont les plus visés ?

Trois caractéristiques font qu'un logement entre dans la cible préférée des cambrioleurs : l'accessibilité, l'isolement visuel, la certitude d'absence.

Maison vs appartement

À taux par logement comparable, les maisons individuelles sont environ deux fois plus exposées que les appartements. Plusieurs facteurs jouent ensemble : multiplication des points d'entrée (porte, fenêtres, porte-fenêtre, garage), accessibilité directe sans contrôle d'immeuble, faible co-présence de voisins immédiats.

Pour un appartement, le risque devient significatif au-delà du 3ᵉ étage uniquement s'il existe un accès depuis la toiture ou un balcon mitoyen. Au-dessus, le taux chute à quelques pour mille.

Les zones à risque dans la maison

Dans les maisons cambriolées, les pièces visitées en priorité, selon les retours d'enquête, sont :

  1. La chambre principale (bijoux, objets de valeur, cash)
  2. Le bureau ou le salon (électronique, ordinateurs)
  3. La cuisine (parfois)
  4. La salle de bain (médicaments, montres)

Les chambres d'enfants et les pièces de rangement sont rarement visitées — sauf si le cambrioleur dispose de temps. Le temps moyen passé dans un logement lors d'un cambriolage est de 5 à 10 minutes. C'est cette contrainte de temps qu'exploitent les dispositifs dissuasifs : un volet difficile à forcer, une alarme qui crie, une caméra visible — chacun ajoute des secondes qui font renoncer.


Comment réduire son risque ?

Les statistiques permettent d'orienter la protection vers ce qui compte vraiment. Trois leviers sortent du lot :

Levier 1 — Traiter la porte d'entrée comme un point critique (40 % des intrusions). Serrure certifiée A2P, deuxième point de fermeture, judas grand-angle. Pour une porte d'entrée déjà installée, un cylindre haute sécurité peut être remplacé sans changer la porte — voir notre comparatif des serrures connectées sans abonnement pour la dimension domotique.

Levier 2 — Sécuriser les ouvrants du rez-de-chaussée (45 % cumulés entre fenêtres et porte-fenêtres). Volets roulants ou battants fermés pendant les absences, détecteurs d'ouverture sur les principales ouvertures, détecteur de bris de verre sur les baies vitrées. Pour la sélection du matériel, voir notre comparatif alarme maison sans abonnement.

Levier 3 — Simuler une présence et alerter rapidement. La majorité des cambrioleurs renoncent dès qu'il y a un doute sur l'absence. Lumières programmées, volets motorisés sur scénario, sonnette vidéo qui montre l'historique des visiteurs — autant d'éléments qui altèrent le repérage. Une caméra extérieure visible joue le même rôle dissuasif. Pour décider du nombre de caméras adapté à ton logement, notre guide dédié donne le décompte précis par surface.

Pour visualiser l'ensemble du dispositif sur ton plan réel, ouvre le Plan Sécurité gratuit — il combine ces trois leviers en quelques minutes.

L'inscription à l'Opération Tranquillité Vacances (gratuite, en gendarmerie ou commissariat) est un complément à coût nul pour les absences longues. Les démarches sont décrites par le ministère sur sa fiche pratique habitation.


FAQ

Combien y a-t-il eu de cambriolages en France en 2024 ?

218 200 cambriolages de logements ont été enregistrés en 2024 par la police et la gendarmerie, selon les données du SSMSI. C'est environ 600 par jour, et 5,9 pour 1 000 logements à l'échelle nationale. Ce chiffre est stable par rapport à 2023, et 8 % inférieur au niveau pré-COVID de 2019.

Quel est le taux d'élucidation des cambriolages ?

Environ 7 % des cambriolages sont élucidés dans les 12 mois suivant le dépôt de plainte. Ce taux stagne depuis 2017. C'est l'une des raisons pour lesquelles la prévention active vaut plus que la réaction.

À quelle heure cambriole-t-on le plus ?

Environ 60 % des cambriolages ont lieu en journée, principalement entre 14h et 17h, quand les logements sont les plus probablement vides. La nuit représente 40 % des intrusions. L'idée du cambriolage exclusivement nocturne est un mythe.

Quel département est le plus touché ?

Les départements à fort taux pour 1 000 logements en 2024 sont principalement situés en Île-de-France (Seine-Saint-Denis, Val-d'Oise) et dans le sud-est méditerranéen (Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var, Alpes-Maritimes). L'atlas départemental 2024 du SSMSI cartographie ces écarts précisément.

Une maison est-elle plus exposée qu'un appartement ?

Oui, environ deux fois plus à l'échelle nationale. Une maison cumule plusieurs facteurs de risque : multiplication des points d'entrée, accessibilité directe sans contrôle d'immeuble, faible co-présence de voisins immédiats. Le risque dans un appartement chute fortement au-delà du 3ᵉ étage.

Combien de temps un cambrioleur reste-t-il dans le logement ?

Entre 5 et 10 minutes en moyenne. C'est cette contrainte de temps qu'exploitent les dispositifs dissuasifs — chaque seconde gagnée fait reculer la probabilité d'aboutissement.

Où trouver les chiffres officiels en open data ?

Sur le portail Interstats du ministère de l'Intérieur (publication annuelle « Insécurité et délinquance ») et sur data.gouv.fr pour les jeux de données détaillés (séries temporelles, atlas départemental). C'est la seule source officielle reconnue.


Sources

La méthodologie SSMSI repose sur le recensement des faits constatés par les services de police et de gendarmerie. Elle ne couvre pas les tentatives non signalées (qui font l'objet d'enquêtes de victimation séparées par l'INSEE). Pour le détail du calcul de notre méthode interne, voir notre page Méthodologie.

Protection Maison, mai 2026.

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