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Fin de la 2G et de la 3G : votre alarme va-t-elle s'arrêter en 2026 ?

La 2G s'éteint fin 2026, la 3G en 2028 : les alarmes et caméras à module cellulaire vont perdre la transmission à distance. Comment savoir si la vôtre est concernée et quoi faire, sans abonnement.

Protection Maison··11 MIN DE LECTURE

En bref. Si ton alarme ou ta caméra communique par un module cellulaire 2G ou 3G — le cas de la plupart des systèmes posés avant 2023 — elle perdra sa transmission à distance quand ces réseaux s'éteindront : la 2G fin 2026 (Orange commence dès le 31 mars 2026), la 3G fin 2028. Bonne nouvelle, ton alarme ne devient pas un presse-papier : les fonctions locales (sirène, clavier, badges) continuent. Ce qui tombe, ce sont les alertes sur ton téléphone et le lien vers un centre de télésurveillance. Deux réponses sans abonnement : remplacer le module cellulaire par un module 4G/IP, ou bâtir ta protection sur Wi-Fi/IP et Thread, qui ne dépend d'aucun réseau mobile. Le diagnostic en 3 points est plus bas.

Ce qui se passe, en clair

La 2G et la 3G sont les premières générations de réseau mobile, déployées dans les années 1990 et 2000. Les opérateurs récupèrent ces fréquences pour la 4G et la 5G, plus efficaces. Résultat : ils éteignent progressivement les anciens réseaux. Ça ne concerne pas que les vieux téléphones — ça touche tous les objets qui parlent en cellulaire sans qu'on y pense : transmetteurs d'alarme, caméras 4G, téléassistance, pilotage de chauffage, certains interphones.

Le calendrier n'est pas une rumeur : il est publié par l'ARCEP, le régulateur des télécoms. Il varie selon l'opérateur, et la 2G part avant la 3G.

OpérateurExtinction 2GExtinction 3G
Orange31 mars 2026 (Bayonne, Anglet, Biarritz), puis généralisation de fin septembre à fin décembre 2026Fin 2028
SFR1ᵉʳ au 15 décembre 2026 (généralisation)Fin 2028
Bouygues Telecom15 novembre 2026 (Brest, Nancy…), puis généralisation 1ᵉʳ au 15 décembre 2026Fin 2029
Free MobileCalendrier identique à OrangeNon encore annoncé

En clair : la 2G aura disparu de France métropolitaine fin 2026, la 3G suivra fin 2028 (fin 2029 chez Bouygues). Orange ouvre le bal au Pays basque dès le 31 mars 2026 — si tu y habites, c'est maintenant que ça te concerne, pas dans deux ans.

L'ampleur du sujet dépasse le particulier isolé. Plusieurs millions d'objets connectés en France reposent encore sur ces réseaux, et une étude PwC chiffre le surcoût de la transition à 685 millions d'euros pour les secteurs concernés (alarme, télésurveillance, téléassistance, ascenseurs). Côté sécurité résidentielle, la presse spécialisée évoque des centaines de milliers d'alarmes équipées d'un module 2G d'origine.

Votre alarme est-elle concernée ? Le diagnostic en 3 points

Pas besoin d'un technicien pour une première réponse. Trois indices suffisent.

1. L'année d'installation. Un système posé avant avril 2023 a de fortes chances d'embarquer un module cellulaire 2G — c'était la norme pour la transmission d'alerte à cette époque. Plus c'est ancien (2010-2018 surtout), plus le risque est élevé. Un système posé en 2024-2025 est en principe déjà en 4G, mais ça se vérifie (voir le piège du « 4G » plus bas).

2. Le mode de communication. Regarde comment ta centrale prévient en cas d'alerte. Si elle a une carte SIM et envoie des SMS ou passe des appels, c'est du cellulaire — donc potentiellement 2G/3G. Si elle est branchée à ta box par câble réseau ou en Wi-Fi et passe par l'application, elle ne dépend pas du tout des réseaux mobiles : elle n'est pas concernée.

3. Le doute ? Le fabricant tranche. La référence de ta centrale et de son module est sur l'étiquette ou dans l'application. Le constructeur (ou l'installateur) dit en une minute si ce module est 2G, 3G ou 4G. C'est d'ailleurs la recommandation officielle de l'ARCEP : établir dès maintenant un diagnostic en contactant son fournisseur de service, sans attendre la date d'extinction de sa région.

Ce qui s'arrête, ce qui continue

Un point important pour ne pas paniquer : une alarme 2G ne « meurt » pas le jour J. Elle perd sa voix vers l'extérieur, pas son fonctionnement local.

Continue de marcherS'arrête
Sirène locale (le bruit dans la maison)Notifications d'alerte sur ton téléphone
Clavier, badges, télécommandesLien vers un centre de télésurveillance
Détection des ouvrants et du mouvementMaintenance et mises à jour à distance
Armement / désarmement sur placeLevée de doute vidéo à distance

Le hic, c'est que pour la plupart des gens, l'intérêt d'une alarme connectée est précisément l'alerte à distance. Une sirène qui hurle dans une maison vide pendant que tu es au travail, sans que ton téléphone sonne, c'est une demi-protection. C'est ça que l'extinction 2G casse.

Le piège du « 4G » qui retombe en 2G

Voilà l'angle qu'on voit rarement expliqué, et qui peut coûter cher : tous les appareils étiquetés « 4G » ne sont pas à l'abri.

Certains modules vendus comme 4G utilisent encore la 2G en repli pour les SMS et les appels vocaux — la data passe en 4G, mais l'alerte critique repart en 2G. Le jour où la 2G s'éteint, ce repli disparaît, et l'appareil peut se retrouver muet alors qu'il est censé être « compatible 4G ».

La parade tient en deux mots techniques à vérifier sur la fiche avant d'acheter :

  • VoLTE (la voix sur 4G) : si l'appareil passe ses appels et SMS nativement en 4G, il n'a pas besoin de la 2G.
  • LTE-M (ou NB-IoT) : ce sont les réseaux 4G dédiés aux objets connectés, conçus pour durer bien au-delà de l'extinction 2G/3G. Un transmetteur LTE-M est le choix le plus pérenne pour une alarme cellulaire.

Si la fiche ne mentionne ni l'un ni l'autre et parle juste de « 4G », pose la question au vendeur. Une SIM multi-opérateur (dite M2M) ajoute une marge de sécurité : elle bascule sur le réseau le mieux capté plutôt que de dépendre d'un seul opérateur et de son calendrier.

Quoi faire : trois voies, sans abonnement

Selon ton matériel et ton budget, il y a trois manières honnêtes de s'en sortir — aucune n'oblige à signer un abonnement mensuel.

Voie 1 — Remplacer le module, garder la centrale

Si ta centrale est récente et de bonne facture, inutile de tout jeter. Beaucoup de fabricants proposent un module de transmission 4G/IP à glisser à la place de l'ancien module 2G. L'opération prend souvent moins d'une heure, sans reconfiguration des détecteurs, et la centrale repart pour des années. C'est la solution la moins chère et la plus écologique quand elle existe pour ton modèle — à vérifier auprès du fabricant.

Voie 2 — Bâtir une protection qui ne dépend d'aucun réseau mobile

C'est l'approche qu'on défend ici, et c'est aussi la plus à l'épreuve du temps. Une alarme construite sur des briques Wi-Fi, IP et Thread ne touche jamais la 2G ni la 3G : elle passe par ta box internet et par l'application, en local. Aucun calendrier d'opérateur ne peut la couper.

Concrètement, ça veut dire des détecteurs d'ouverture et de mouvement en Thread ou en Zigbee — comme l'Aqara P2 (capteur d'ouverture Thread/Matter) ou le détecteur de mouvement Tapo T100 —, une sirène locale, et la notification mobile via l'application du fabricant. On détaille comment assembler tout ça dans notre comparatif des alarmes maison sans abonnement, et la logique d'ensemble (les quatre couches de protection) dans le guide pour sécuriser sa maison sans abonnement. Pour savoir quoi poser et où, le Plan Sécurité trace ton logement et liste le matériel utile.

Voie 3 — Pour un lieu sans Wi-Fi : la 4G locale, bien choisie

Reste le cas particulier : une résidence secondaire, un garage, un terrain sans box internet. Là, le cellulaire est indispensable — mais on peut le faire sans abonnement, avec une caméra 4G qui enregistre en local sur carte microSD plutôt que dans un cloud payant. L'Eufy 4G LTE Cam S330 (solaire, stockage local) ou la Reolink Go Plus en sont de bons exemples. Le critère qui compte ici : une caméra 4G native (idéalement LTE-M ou VoLTE), pas un modèle qui s'appuierait sur la 2G en repli. On compare les modèles dans notre comparatif des caméras 4G sans Wi-Fi.

Le coût, sans enrobage

Ce que coûte la transition dépend de la voie choisie — et faire le bon calcul évite de remplacer plus que nécessaire.

SituationActionOrdre de grandeur
Centrale récente, module 2GRemplacer le module par du 4G/IPLe coût d'un module, posé en moins d'une heure
Système ancien à bout de souffleRepartir sur une base Wi-Fi/IP + ThreadUn kit de détecteurs + sirène, évolutif
Lieu sans internetCaméra 4G native à stockage localLe prix d'une caméra, zéro frais mensuel

Le vrai piège financier n'est pas la migration : c'est l'abonnement qu'on te proposera souvent au passage « pour sécuriser la transmission ». Un plan de télésurveillance à 30 €/mois, c'est près de 1 800 € sur cinq ans — de quoi remplacer plusieurs fois un module 4G et garder l'argent. On explique comment on chiffre ces totaux sur notre page méthode. À la fin, le bon réflexe est de séparer deux questions : « mon matériel doit-il évoluer ? » (oui, si module 2G) et « dois-je payer un abonnement pour ça ? » (non, dans la quasi-totalité des cas).

Les erreurs à éviter

  • Attendre la date de sa région. Quand la transmission tombe, on s'en aperçoit souvent le jour où on en aurait eu besoin. Le diagnostic se fait maintenant, l'extinction se planifie.
  • Acheter « 4G » sans vérifier VoLTE / LTE-M. Le repli 2G est invisible sur l'emballage. Sans cette vérification, on rachète un appareil qui tombera lui aussi.
  • Croire que tout est mort. Une alarme 2G garde ses fonctions locales. Inutile de jeter une centrale saine si un simple module suffit.
  • Confondre 2G/3G et Wi-Fi. Une alarme branchée sur la box n'est pas concernée. Vérifier avant de dépenser.
  • Signer un abonnement par réflexe. L'extinction 2G ne crée aucune obligation d'abonnement : c'est un argument commercial, pas une contrainte technique.

FAQ

Mon alarme va-t-elle s'arrêter complètement fin 2026 ?

Non, pas complètement. Si elle utilise un module 2G, elle perdra sa transmission à distance (notifications, lien de télésurveillance), mais ses fonctions locales — sirène, clavier, détection — continuent de marcher. C'est l'alerte vers l'extérieur qui s'arrête, pas la mécanique de l'alarme.

Comment savoir si mon alarme est en 2G ou en 3G ?

Trois indices : l'année de pose (avant 2023 = risque élevé), la présence d'une carte SIM qui envoie SMS et appels (signe de communication cellulaire), et surtout la référence du module, que le fabricant ou l'installateur identifie en une minute. Une alarme branchée sur la box internet en Wi-Fi ou en câble n'est pas concernée.

La 4G suffit-elle, ou faut-il viser la 5G ?

La 4G suffit largement et durera des années après l'extinction 2G/3G. Le point à vérifier n'est pas la 5G mais que l'appareil gère la voix et les alertes nativement en 4G (VoLTE) ou via les réseaux objets connectés LTE-M / NB-IoT — pas en repli 2G.

Une alarme ou une caméra en Wi-Fi est-elle touchée ?

Non. Tout ce qui passe par ta box internet (Wi-Fi ou câble) est indépendant des réseaux mobiles. L'extinction 2G/3G ne concerne que les appareils à module cellulaire. C'est d'ailleurs pourquoi une protection bâtie sur Wi-Fi, IP et Thread est naturellement à l'épreuve de ce genre d'échéance.

Et ma caméra 4G, elle aussi va s'arrêter ?

Seulement si elle s'appuie sur la 2G (en réseau principal ou en repli). Une caméra 4G native à stockage local continue de fonctionner sans abonnement. Vérifie la mention LTE-M ou VoLTE sur la fiche ; à défaut, demande au vendeur.

Faut-il un abonnement pour passer à la 4G ?

Pour un objet connecté, il faut une carte SIM (souvent une SIM M2M dédiée aux objets, peu coûteuse), mais aucun abonnement de télésurveillance n'est obligatoire. Les solutions Wi-Fi/IP, elles, n'ont besoin d'aucune SIM : elles passent par ta connexion internet existante.

Et ensuite

Le bon ordre : faire le diagnostic de ton matériel actuel, décider entre remplacer le module ou repartir sur une base sans cellulaire, puis choisir l'équipement. Pour aller plus loin :

Protection Maison, mis à jour en juin 2026.

Cet article contient des liens vers des produits : si tu achètes via l'un d'eux, on peut toucher une commission, sans surcoût pour toi. Ça ne change pas nos recommandations — elles reposent sur les critères décrits dans notre méthode, jamais sur les taux de commission.

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